The Objects

21st May 1815

Source: Musée d'Art et d'Histoire de Cholet; photo by the author.

The Arrival of General Lamarque in Angers

Contributed by: Gonzague Espinosa-Dassonneville

Maximien Lamarque (1770-1832) supported the return of Napoléon with enthusiasm and was appointed Commander-in-Chief of the army of the Loire, with full powers over the western regions: this is the uniform he would have worn (although the buttons were replaced during the Restoration).

As Napoleon prepared to enter Belgium with the bulk of the French army, the royalist rebellion was rekindled in these western regions, especially in the Vendée. The Vendée residents had warmly welcomed the return of Louis XVIII, and were deceived by the latter’s moderation vis-à-vis the imperial heritage: they called him the “roi Pataut”, or the republican king.

The rebels therefore tried to form a second front in the Vendée in order to immobilise as many imperial troupes as possible. However, owing to jealousy and rivalries, the people of the Vendée were not able to raise the 50,000 men they had foreseen; they were 14,000 in total, badly armed, and without munitions. On the 28th May, Lamarque arrived in Angers to subdue the rebellion, replacing the rather aged General Deaborde. However, he departed from Napoleon's order to break the bells, to take hostages, to assassinate the leaders and to seize their possessions. Lamarque preferred a more patriotic tone, as indicated by his declaration: ‘I do not blush to ask you for peace, because in civil wars, there is no other glory than to end them.’

For more on Lamarque in Angers, see Further Information for the original article in French.

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28 MAI 1815 : ARRIVÉE DU GÉNÉRAL LAMARQUE À ANGERS
Illustration : Habit du général de division de Maximien Lamarque (petite tenue). Toile brodée de fils d'argent (les boutons ont été changés sous la Restauration). Vraisemblablement l'uniforme qu'il porta en Vendée. [Musée d'Art et d'Histoire de Cholet. Photo de l'auteur].

Avant la Vendée, Maximien Lamarque (1770-1832) a souvent combattu dans « des guerres sans gloire », à savoir dans le royaume de Naples (1806-1809 et 1810) et en Catalogne (1811-1814). Devenu un spécialiste de la contre-guérilla, son grand fait d'arme reste néanmoins la prise de Capri (4-17 octobre 1808) où capitula un certain Hudson Lowe, colonel des Corsican Rangers et futur geôlier de Napoléon à Sainte-Hélène.
Mis en disponibilité sous la Restauration, Lamarque se rallie avec enthousiasme au retour de Napoléon. Celui-ci l'emploie le 24 mars à l'armée du Nord qui doit se préparer à entrer en Belgique. Le 25 mai, le ministre de la Guerre, le maréchal Davout, lui apprend que, sur les conseils de son frère Joseph (ex-roi de Naples et sous lequel il servit comme chef d'état-major), l'Empereur l'a nommé commandant en chef de l'armée de la Loire avec les pleins pouvoirs sur les départements de l'ouest entrés en rébellion le 15 mai. Il a été choisi pour ses talents, sa modération et sa pacification des Calabres. Bon choix assurément : Lamarque est un fidèle de Napoléon, plein d'ardeur, consciencieux, ferme mais humain, habile à parler, à écrire et à négocier. Il accepte de mauvaise grâce ce commandement car il se faisait une joie de combattre sous les yeux de l'Empereur, une rareté dans sa carrière. Au lieu de ça, Lamarque se retrouve à nouveau sur un théâtre d'opération secondaire, une nouvelle fois face à une insurrection populaire et une nouvelle fois confronté à des bandes armées.
Dans l'ouest, à l'appel du tocsin du 15 mai, les paysans vendéens se sont rassemblés, de gré ou de force, pour former les différents corps de l'armée royaliste. Ces derniers ne prirent pas les armes avec la même ferveur qu'en 1793. S'ils accueillirent avec chaleur le retour de Louis XVIII, ils furent déçu de sa modération vis-à-vis de l'héritage impérial, au point qu'ils l'appelèrent le « roi Pataut » (le roi républicain). De plus, l'argument religieux ne tient plus puisque Napoléon a relevé les autels et a suspendu également la conscription dans l'ouest. Cette désaffection se concrétise lors des rassemblements : les chefs vendéens se sont targués de pouvoir lever 50.000 hommes, ils sont tout au plus 14.000 mal armés et presque sans munition. D'autre part, ces chefs vendéens ne sont plus les mêmes qu'en 1793. On ne retrouve que les seconds couteaux des précédentes guerres, malgré des noms illustres : les jeunes frères de Henri de La Rochejaquelein, le neveu de Charette, Suzannet, d'Autichamp, Sapinaud. Mais les querelles et les jalousies entre les chefs vendéens vont gangrener la bonne marche de leurs opérations.
C'est le 28 mai que le général Lamarque arrive à Angers, remplaçant le vieux général Delaborde, malade et quelque peu dépassé par les événements. De là, il va s'employer à résorber le soulèvement vendéens avec une extrême modération. Il enfreint alors sciemment les ordres terribles recommandés par Napoléon : briser les cloches, prendre des otages, fusiller les chefs, mise sous séquestre de leurs biens, etc... Il va préférer mener cette guerre à sa manière, avec tact et persuasion. Patriote, il n'oublie pas qu'en face de lui se trouve d'autres Français. Cette proclamation envoyée aux chefs vendéens donne le ton : « Je ne rougis pas de vous demander la paix, car, dans les guerres civiles, il n'y a pas d'autre gloire que de les terminer ».
En attendant une réponse à ses ouvertures de paix, il ne reste pas inactif : il ne peut compter que sur 7.600 hommes de valeurs très diverses, qu'il va falloir réorganiser, les meilleures et la majorité des troupes étant réservées pour l'armée du Nord. Par contre, il peut compter sur l'aide précieuse du général Travot, vétéran des guerres de Vendée et prolixe en conseils. Celui-ci opère déjà avec sa colonne mobile en harcelant les Vendéens qui attendent des livraisons d'armes d'Angleterre à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Le 19 mai, il a déjà dispersé à Aiguillon un convoi d'armes et le 20 mai, il écrase ces mêmes Vendéens à Aizenay où il libère tous les prisonniers munis de proclamations à répandre dans le pays. Aizenay met ainsi un terme à l'offensive vendéenne et à son effet de surprise, car les (maigres) renforts impériaux arrivent.
Lorsque Lamarque arrive à Angers le 28 mai, il pense que tout se dénouerait sans combattre. En effet, le ministre de la Police Fouché a chargé la mission Malartic (composée de royalistes voulant la paix) d'entamer des négociations avec les insurgés pour éviter un affrontement généralisé et la création d'un nouveau front. Ces négociations sont refusées par le « généralissime » Louis de La Rochejaquelein. Mais celui-ci trouve la mort le 2 juin au combat des Mathes (à Saint-Hilaire-de-Riez), décapitant momentanément le mouvement insurrectionnel. Son successeur Sapinaud choisit de continuer le combat.
Avant d'entrer en campagne et suivant les instructions, Lamarque va prendre soin d'isoler les Vendéens, jugés les plus dangereux, des Chouans et des autres insurgés, en coupant toutes les communications des deux côtés de la Loire : il fortifie Nantes, Angers, Saumur, afin de circoncire l'insurrection. Prônant une sévère discipline à ses soldats, il entre en campagne le 10 juin malgré un temps exécrable...


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